La troisième originalité de notre sainte tient à son universalité. Peu de saints peuvent prétendre coller autant qu’elle à la condition humaine. Pourquoi cela ? Parce que la majorité des êtres humains sur cette terre vivent dans des conditions obscures. La notoriété n’est l’affaire que d’une infime minorité. La plupart des personnes sont des inconnues pour leurs semblables. Telle a été la condition de vie de notre sainte.
Universelle à cause de son incognito. Mais pas seulement. À cause de sa pauvreté. De sa solitude. De son infirmité (elle était manchote). De sa sollicitude pour l’évangélisation des jeunes (elle parlait de Dieu aux enfants qui l’approchaient). De son statut de persécutée.
C’est ainsi que la bergère de Pibrac peut, à juste titre, être proclamée patronne des personnes souffrant de solitude, des malades, des sans-voix, de la foule des anonymes qui peinent sous le poids des fardeaux, privés des soutiens qui pourraient relayer leurs malheurs auprès des puissants, des mal-aimés, de l’enfance maltraitée, des catéchistes, des persécutés par leurs proches, de ceux qui rendent le bien pour le mal. Oui, Germaine est bien l’une des saintes les plus universelles de tous les temps ! Patronne de tous les anonymes, dont seul Dieu connaît l’amour et l’attachement à servir les autres.
LA TERRE PROMISE
Signalons un point important pour pénétrer le secret de notre sainte. Notre bergère était une fervente de l’Eucharistie quotidienne. Elle n’hésitait pas à laisser le troupeau de moutons qu’elle avait charge de garder, pour traverser le Courbet, le ruisseau qui séparait le pacage des bêtes de l’église paroissiale. Quant au troupeau de moutons, dans sa foi, elle le confiait à son Seigneur.
Tel Josué traversant le Jourdain pour mener le peuple à la terre