Homélie maison sainte Germaine 17 juin 2023
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ».
S'il est quelqu'un qui a bien entendu cette parole de Jésus dans l'Evangile, c'est bien sainte Germaine que nous fêtons ce soir près de la maison où elle a vécu. Ce n'était pas une maison à la vie facile pour elle. Nous connaissons le contexte familial : une belle-mère entretenant des relations rudes avec la petite Germaine handicapée, craignant qu'elle ne contamine ses propres enfants, l'obligeant à dormir dans la bergerie près des animaux dont elle avait la charge au long des jours sur ce plateau aux confins du bois de Bouconne. Du poids du fardeau, Germaine n'en était pas épargnée.
Elle n'était pas instruite, elle ne faisait pas partie des sages ou savants, elle était de ces tout-petits, anonymes, cachés...appelés aussi par le Seigneur. Germaine avait entendu cette invitation : elle y répondait par la prière, elle aimait se rendre à l'église pour la messe, elle y communiait pour recevoir la nourriture qui rassasie les pauvres de coeur. Auprès du Seigneur, Germaine trouvait le réconfort qui lui manquait tant dans cette maison.
La prière et la communion entretenaient en Germaine une relation fructueuse avec le Seigneur. « Comme la pluie et la neige, selon le livre d'Isaïe, qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer », ainsi le Seigneur donnait-il à Germaine de partager autour d'elle : nous connaissons bien l'épisode des fleurs tombant de son tablier alors qu'elle était accusée de donner du pain aux vagabonds… ce qui était vrai mais qui n'avait rien à voir avec un vol.
« Les épreuves » vérifiaient la valeur de la foi de Germaine, selon l'expression de St Pierre. L'Église ne s'y est pas trompée en la déclarant bienheureuse puis sainte : Elle a reconnu qu'elle était disciple marchant à la suite du Maître. Lui, elle l'aimait sans l'avoir vu, en Lui, sans le voir encore, elle mettait sa foi, elle exultait d'une joie inexprimable et remplie de gloire, selon les mots de la Lettre de Pierre.
« Venez à moi » disait Jésus. Germaine a entendu cette invitation, et nous autres ? Sans connaître la grande pauvreté de la petite bergère de ces lieux, nous avons nos fardeaux à nous, fardeaux que nous confions au Seigneur dans la prière. Comment ne pas penser aux si nombreuses intentions écrites sur les cahiers de la bergerie, et près de la châsse à la basilique ? Nous pouvons y lire des cris de détresse, des mots de confiance et d'espérance confiés à sainte Germaine. Portons-les dans nos prières, tout spécialement en ces jours de fête-pèlerinage. Demandons-nous ce que produisent en nous la Parole de Dieu entendue et la communion reçue : nos esprits et nos coeurs sont-ils assez ouverts et accueillants à l'oeuvre de l'Esprit-Saint ? Soyons des tout-petits de l'évangile des sages et des savants qui n'attendent rien de Dieu.
« Venez-àmoi, disait Jésus »… et nous, cette année, nous disons : « Germaine, viens chez nous ! » Depuis un an, une statue pèlerine va de famille en famille ; ces familles ont dit leur « Germaine, viens chez nous ! », et elles sont heureuses de la prier et de prier avec elle, confiant ainsi leurs nombreuses intentions. En ces jours de fête-pèlerinage, nous venons chez elle, auprès de ses reliques. Par son intercession, nous attendons que le Seigneur nous procure le repos qu'il nous a promis dans l'évangile. La statue pèlerine continuera son chemin, et même si nous ne sommes pas sur son parcours, nous disons à sainte Germaine « viens chez nous ! » Et elle viendra, comme toujours, en la personne des tout-petits de notre temps : les pauvres, les malades, les mal-aimés, les nécessiteux, et tant d'autres qui passent ici à la bergerie comme à l'église, à la basilique ou à la fontaine. Puissions-nous les accueillir, c'est sainte Germaine qui nous les envoie, et en les accueillant, c'est le Christ lui-même que nous accueillons.
Eucharistie et service du frère se nourrissent l'un l'autre : en accueillant le corps de Jésus qui donne sa vie pour nous,nous recevons la grâce de donner à notre tour notre vie pour les autres.
Merci, Seigneur, de nous avoir donné sainte Germaine pour nous appeler à être toujours plus en communion avec Toi.